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modem-cantilien
Description du blog :
Retrouver les valeurs de notre démocratie !
Catégorie :
Blog Politique
Date de création :
29.06.2011
Dernière mise à jour :
08.01.2015

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bayrou centre centriste changement courage crise débat déficit démocrate dette économie éducation

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Je Suis Charlie

Publié le 08/01/2015 à 11:19 par modem-cantilien Tags : Unité intelligence courage France Charlie liberté
Je Suis Charlie

Pour la liberté contre l'obscurantisme, nos armes : Unité, Intelligence, Courage !

 

Résultat des élections internes en Normandie

Publié le 28/12/2014 à 09:47 par modem-cantilien Tags : modem élections

Voici les résultats des élections internes pour la Normandie, après vérification du Comité de Conciliation et de Contrôle :

 

Haute-Normandie :
Cédric Barreau
François Caillot
Evelyne Delbos
Paule Gervois
Anne Terlez

 

Basse-Normandie :
Nourdine Barqi
Marie-Agnès Herout
Sylviane Lepoittevin
Frédéric Provotelle

 

Je suis contre la politique clanique

Publié le 27/11/2014 à 10:01 par modem-cantilien Tags : politique clan courage proposition rassemblement

Invité de Bruce Toussaint dans la matinale d'i>Télé ce matin, François Bayrou a soutenu que la situation de notre pays était "assez bouleversante pour que les responsables politiques acceptent de se parler au-delà de leurs inimitiés".

Bruce Toussaint - Nicolas Sarkozy s’explique ce matin dans Le Figaro sur ce qui s’est vraiment passé quand Alain Juppé a été sifflé samedi dernier à Bordeaux : c’est de votre faute François Bayrou. « Beaucoup en Aquitaine ont été ulcérés par le fait que François Bayrou se mobilise pour faire élire François Hollande puis utilise les voix de la droite pour devenir maire de Pau. L’hypocrisie et le mensonge sont de moins en moins tolérés. » a déclaré Nicolas Sarkozy. Qu’est-ce que vous répondez ?

On voit bien que c’est une échappatoire. Nicolas Sarkozy s’est accommodé et réjoui qu’Alain Juppé se soit fait siffler. Il y avait une espèce de jubilation extrêmement visible. Ce qu’il dit est absolument inexact : je n’ai jamais utilisé les voix de personnes. J’ai été candidat en proposant un rassemblement qui allait en effet de la droite à une partie de la gauche, ce qui est mon projet national depuis longtemps. Le jour venu, ce sera indispensable pour l’avenir du pays. L’UMP locale a décidé librement et contre ses chefs nationaux de se joindre à ce rassemblement et nous avons fait les deux tiers des voix. Ceci est un fait, une certitude.

Ce que je viens de vous lire est la version « soft », officielle, qui est dans Le Figaro ce matin. Dans le Canard enchaîné, il y a la version « hard » : « il y avait aussi des militants UMP d’Aquitaine pour lesquels son ami Bayrou est un traître qui a fait élire Hollande. C’est vrai car sans lui, j’aurais été élu » dit Nicolas Sarkozy.

Voilà en tout cas une affirmation qui pèse son poids. Nicolas Sarkozy, cela fait des mois et des années qu’il poursuit la même attitude qui est de dire « si je n’ai pas été élu c’est la faute des autres ». Il dit « c’est de la faute de Bayrou » ou « c’est de la faute de Marine Le Pen », il cherche des causes extérieures. Et moi je lui dis, sans la moindre hésitation que le responsable de la défaite de Nicolas Sarkozy est Nicolas Sarkozy. C’est ses attitudes, ses manières d’être, c’est le fait qu’il tournait la loi ou qu’il acceptait en tout cas qu’on la tourne et c’est le fait qu’il avait choisi une attitude ou une ligne de division du pays. Ceci a entraîné le fait que plusieurs millions de personnes de Français – qui n’étaient pas de gauche – ont dit « il faut que cette page se tourne ». Si vous regardez aujourd’hui, deux ans après, alors vous vous apercevez que dans sa famille politique elle-même, il y a beaucoup de responsables – Alain Juppé, François Fillon, Xavier Bertrand, Bruno Le Maire – qui disent aussi « il faut que cette page se tourne ». Ce n’est pas moi qui le dis, c’est eux.

On est au bord de l’insulte quand même, non ? « Traître » ?

Que voulez-vous ? Que je provoque en duel Nicolas Sarkozy ?

Mais est-ce que cela vous touche ?

Non. Nicolas Sarkozy est dans une campagne électorale interne, c’est une campagne qui n’est pas facile. Alors qu’il dit « j’ai changé », c’est une campagne qui renvoie tous les Français à la nature de Nicolas Sarkozy et à cette incompréhension qu’ils ont eue d’avoir en face d’eux un Président de la République qui se comportait comme chef de clan.

Aujourd’hui, vous êtes en guerre tous les deux. Cela n’a pas toujours été le cas. À un moment, vous vous voyiez. Est-ce que pendant ces deux ans et demi où il était en retrait, vous avez eu un contact avec Nicolas Sarkozy ?

Jamais.

Quand est la dernière fois que vous vous êtes parlés ?

Il était à l’Élysée je pense.

Depuis il n’y a jamais eu un contact ?

Jamais.

Et vous ne le souhaitez pas ?

Pourquoi pas. Les gens qui sont sectaires ne sont pas mes amis. Je pense que la vie politique est assez dure et la situation du pays en crise assez bouleversante pour que les responsables politiques acceptent de se parler au-delà de leurs inimitiés. L’occasion ne s’est pas présentée et je n’avais pas les moyens de la faire naître.

Si vous deviez voter samedi, voteriez-vous pour Sarkozy, Mariton ou Le Maire ?

Je ne vote pas samedi.

Je sais bien. Quel regard portez-vous sur la campagne de Bruno Le Maire ?

Les militants UMP ont le choix, ils ont deux candidats en dehors de Nicolas Sarkozy, moi je ne participe pas à cette élection.

Mais vous le connaissez bien Bruno Le Maire ?

Je le connais, mais pas assez pour porter un jugement.

Vous n’avez pas un peu le sentiment d’être instrumentalisé par Alain Juppé dans cette campagne ?

Pas du tout. Les liens que j’ai avec Alain Juppé sont des liens anciens et j’ai choisi de dire quelque chose qui ne se dit pas souvent dans la vie politique : si cet homme-là peut réussir à fédérer autour de lui, je suis prêt à l’aider.

Vous allez la payer chère cette phrase…

Écoutez, j’ai payé des choses beaucoup plus chères que cela. J’ai à la mairie de Pau le mandat que je veux et dans la vie politique nationale le rôle que je dois.

Vous vous retrouvez au cœur de cette campagne à la présidence de l’UMP ! (rires)

Vous voyez bien que c’est un problème central qui est posé là. Ce n’est pas le problème du centre, c’est un problème central qui est : est-ce que la politique est clanique ?

Nicolas Sarkozy a aussi fait l’ouverture, il est connu pour cela, il a fait venir des ministres de gauche dans son gouvernement…

C’est une question très importante : est-ce que la politique est clanique ? Est-ce que c’est « tous aux ordres » ou autrement je fais la guerre ? C’est une conception de la politique qui n’est pas la mienne et elle ne correspond pas au caractère crucial, dramatique, urgent de la situation du pays. Je suis contre la politique clanique et je propose une autre voie et je soutiens ou j’apporte mon amitié, mon aide, à ceux qui proposent une autre voie.

Faut-il qu’Alain Juppé soit candidat quoi qu’il arrive ?

Alain Juppé a choisi une voie, pour laquelle comme vous savez j’ai des points d’interrogations : c’est-à-dire que c’est à l’intérieur d’un camp que l’on va désigner avec les militants et les sympathisants de ce camp celui qui se présentera. J’ai des interrogations sur ce sujet, mais c’est le choix qu’il a fait.

J’aimerais que l’on écoute un petit passage du meeting de Nicolas Sarkozy hier soir à Boulogne-Billancourt, il est revenu sur les raisons qui l’avaient poussé à nommer Rachida Dati en 2007 au poste de Garde des Sceaux, écoutez-bien : « J’avais voulu Rachida Dati parce que je m’étais dit que Rachida Dati, avec père et mère algériens et marocains, pour parler de la politique pénale. Cela avait du sens ! C’était important que nous, la droite et le centre, nous représentions la France dans sa diversité ! Parce que la France d’aujourd’hui est comme cela ! ». Êtes-vous choqué par les propos de Nicolas Sarkozy ?

Je ne vais pas faire de polémique. Simplement, en parlant des êtres humains, des citoyens, vous parlez toujours de l’origine ou de la couleur de la peau, lorsque vous parlez toujours de ces sujets, d’une certaine manière vous faites des catégories différentes de citoyens et ce n’est pas ma vision des choses. Pour parler de la politique pénale, et évoquer « marocain / algérien », cela signifie que l’on s’adresse à une population particulière. Je ne partage pas cette vision. Je pense que ce que la France a d’important, c’est de regarder les gens non pas en fonction de leur origine mais en fonction de la citoyenneté qu’ils portent.

Il y a 20 ans jour pour jour, une femme à la tribune de l’Assemblée, Simone Veil défendait le droit à l’avortement. Cette personnalité est aujourd’hui très discrète, elle est en retrait de la vie politique, ses enfants disaient d’ailleurs qu’elle ne souhaitait plus s’exprimer. J’aimerais savoir quel regard vous portez sur son parcours, sur le combat qu’elle a mené. Avez-vous encore des contacts avec elle ?

Pour l’instant pas, je pense qu’elle est très en retrait. Simone Veil, c’est deux choses. Je n’ai jamais pensé à elle sans penser à son histoire et au camp de concentration et à cette terrible traversée de l’enfer qui a dû être la sienne, c’est le premier symbole. Le deuxième symbole est celui du féminisme. C’est quelqu’un qui aime profondément les femmes. Dans ma vie – j’ai eu des débats avec Simone Veil – je n’ai jamais vu quelqu’un qui a un engagement aussi fort pour la féminité, pour les femmes, et ça ce sont deux choses très importantes pour la trace que Simone Veil va laisser dans l’histoire.

François Bayrou sur Europe 1

Publié le 29/10/2014 à 09:14 par modem-cantilien Tags : avenir ensemble reconstruction bayrou


François Bayrou, invité du Grand Rendez-Vous... par mouvementdemocrate

Le président du Modem, invité du "Grand rendez-vous" Europe1/Le Monde/iTélé ce matin, a appelé à un changement de pratique institutionnelle, qui impliquerait que les forces politiques républicaines puissent travailler ensemble pour reconstruire la France.

Marielle de Sarnez sur PolitiqueS avec Serge Moati

Publié le 21/10/2014 à 16:46 par modem-cantilien Tags : Europe Sarnez Moati ouverture

Solidarité et intransigeance

Publié le 29/09/2014 à 10:44 par modem-cantilien Tags : Gourdel Bayrou force solidarité civilisation guerre

Suite à l'exécution d'Hervé Gourdel par des jihadistes en Algérie, François Bayrou a adressé depuis la Chine un message "de solidarité à l'intérieur et d'intransigeance en direction des ennemis de la dignité humaine".

"L’assassinat barbare et honteux pour ses auteurs de notre compatriote Hervé Gourdel montre, s’il en était besoin, pourquoi nous devons être engagés contre ces forces qui méprisent la vie humaine, se complaisent dans les carnages et veulent anéantir la liberté des consciences.

Nous, peuples libres, n’avons pas le choix. Nous, sociétés fondées autour des droits de la personne humaine, n’avons pas le choix. Ce qui se joue dans cette région du monde, et dans cette guerre, c’est l’essentiel de notre civilisation. C’est un combat dont nous n’avons connu qu’un seul exemple dans les siècles passés : la guerre sur le sol européen contre l’idéologie nazie.

Lorsqu’un affrontement d’une telle gravité engage nos forces, il n’existe qu’une attitude digne et responsable : l’unité de la nation autour de ceux qui en ont la charge. Les forces politiques qui expriment les sensibilités de notre pays doivent se rassembler pour dire, au nom de nos compatriotes et aux yeux du monde, la volonté nationale. C’est un message de solidarité à l’intérieur, et d’intransigeance en direction des ennemis de la dignité humaine."

Cette crise politique, tous les Français la ressentent

Publié le 10/09/2014 à 09:46 par modem-cantilien Tags : Bayrou responsale politique crise gouvernement hollande Trierweiler

François Bayrou a donné ce matin une interview à France Info. L'échange a permis d'aborder de nombreux sujets d'actualité, dressant le portrait d'une France minée par la défiance et la crise politique actuelle.

Jean-François Achilli - Bonjour François Bayrou.

François Bayrou - Bonjour Jean-François Achilli.

François Bayrou, maire de Pau et président du Mouvement Démocrate. Alors bienvenue chez vous, j’ai envie de dire, ici même à Pau. Nous sommes dans les studios de nos amis de France Bleu Pau. François Bayrou, tout d’abord, Libération révèle ce matin que Medhi Nemmouche, inculpé en Belgique pour le quadruple assassinat au Musée juif de Bruxelles, projetait un attentat le 14 juillet dernier sur les Champs-Elysées à Paris, selon les ex-otages français en Syrie. Menace réelle selon vous, François Bayrou ?

Je crois que notre monde et notre temps sont plein de menaces réelles. Vous voyez bien qu’il y a une accélération de la folie. Il y a des forces innombrables mais qui parfois se rejoignent, qui sont autant de dangers pour l’idée que nous nous faisons de la civilisation, pour la paix de tous les jours, et aussi pour la vie d’un très grand nombre d’entre nous. Ce qui veut dire que la responsabilité de l’Etat, en matière de sécurité intérieure et extérieure, et les moyens qui vont avec cette sécurité, doivent être pour tous ceux qui gouvernent leur première responsabilité.

Faut-il redouter le retour en France d’autres Medhi Nemmouche avec des menaces ?

C’est une probabilité. Si l’on est sérieux et si l’on voit les centaines de ceux qui sont d’esprit faible, qui sont atteints par cette folie et qui se sentent prêts à tout pour que leur idéologie triomphe, qui ont perdu tout sens commun et tout respect de l’autre ; alors oui, il est probable que ce genre de risque existe et qu’il est réel et surtout pas fantasmatique. Je suis absolument certain que les services de renseignement d’un côté, puis tous ceux qui ont la charge de la sécurité, que ce soit justice ou police, le savent très bien et sont tout à fait déterminés à lutter contre cela.

Encore une question sur ce thème, est-ce que la France doit participer à des opérations militaires contre l’État islamique y compris en Syrie, où l’on sait que François Hollande y est plus ou moins hostile ?

Ce qui se passe en Syrie, c’est un élément de plus de la mise en place d’un puzzle, d’une tentative d’instauration d’un État islamique prêt à tout pour imposer ses vues, notamment à écraser les minorités, qu’elles soient chrétiennes, musulmanes ou autres. Et il faut, de ce point de vue là, être du côté de ceux qui défendent la civilisation. Pour moi, ce doit être une des premières missions de la France, une mission historique de la France.

Y compris en Syrie ?

Y compris en Syrie, y compris en Irak, y compris en Libye. Nous avons pris des responsabilités lourdes dans l’établissement ou en tout cas dans la désintégration de ce qui s’est passé dans cette région, avec des armes qui se sont répandues. Nous avons, nous France, une responsabilité, bien sûr.

François Bayrou, France Info est venue à votre rencontre ici à Pau pour évoquer la rentrée politique de François Hollande. Il veut garder le cap malgré la tempête, c’est ce qu’il dit. « Il faut tenir », ajoute Manuel Valls. François Bayrou, où va aujourd’hui le Président de la République ?

La crise politique dans laquelle nous sommes depuis plusieurs mois, mais qui s’est accélérée ces dernières semaines, est une crise profonde qui menace l’idée même que nous nous faisons de la politique, de son efficacité, du soutien nécessaire lorsqu’une politique courageuse est mise en place. François Hollande se trouve au cœur de la tourmente dans ces semaines et dans ces jours. Cette crise politique, tous les Français la ressentent. Je vais vous dire de quelle manière ils la traduisent.

Les Palois en parlent ?

Les Palois en parlent, et pas seulement les Palois. J’étais hier en Seine-et-Marne, au centième anniversaire de la mort de Charles Péguy, et tous ceux qui étaient là avaient les mêmes mots à la bouche. Ce sont des mots de désarroi, d’inquiétude profonde. En même temps, ce sont des mots de mise en demeure ou d’injonction de faire quelque chose pour que le pays s’en sorte, parce que c’est une demande et tout le monde essaye d’imaginer ce que pourrait être la sortie de cette crise.

Les « sans-dents » évoqués dans le livre de Valérie Trierweiler, dont on a tant parlé ces jours-ci, vous y croyez ? Il l’a vraiment dit selon vous ? Parce que cela dresse un portrait assez dur.

C’est un livre au moment d’une rupture passionnelle, et beaucoup de choses se disent, vous le savez, dans les couples au moment d’une rupture comme cela. Mais j’ai parlé beaucoup dans ma vie avec François Hollande avant qu’il ne soit Président de la République et après. Pour ma part, je suis obligé de le dire, je n’ai jamais vu le moindre indice de cette méchanceté, de cette condescendance, de cette manière de regarder avec mépris qui que ce soit. Jamais je n’ai vu le moindre indice de cela et d’ailleurs peut-être que si Valérie Trierweiler avait vu cela, peut-être n’aurait-elle pas vécu avec lui. Je prends donc cela avec beaucoup de prudence.

François Bayrou, vous évoquiez à l’instant des solutions de sortie de crise. Marine Le Pen, que l’on a vue ce week-end, qui est appuyée par les instituts de sondage, affirme qu’elle sera au second tour de la prochaine élection présidentielle. Est-ce que c’est une prophétie auto-réalisatrice ou une réalité politique aujourd’hui ?

On n’est pas du tout dans une élection présidentielle. Le Front National est aujourd’hui au cœur des commentaires. Beaucoup de responsables politiques sont devant lui comme des lapins pris devant les phares des faisceaux des voitures et ne savent pas de quel côté aller. Il n’y a qu’une question à poser à propos de ce mouvement : est-ce qu’il a une solution qui peut être positive et favorable pour l’avenir du pays ? Notre réponse, qui est je crois celle de beaucoup de républicains dans le pays, est qu’il n’y a dans ce mouvement aucune réponse positive : il y a du poison. C’est un poison de diviser les Français entre eux, c’est un poison de faire croire qu’il suffirait de sortir de l’Europe et de l’euro pour retrouver une quelconque prospérité, c’est le contraire : cela nous précipiterait dans l’abîme. Et donc il faut, avec calme, détermination, sans la moindre crainte, défendre ce que nous croyons être essentiel pour l’avenir de notre peuple et de notre pays.

La sortie de crise : quelles seraient les mesures fondamentales qu’il faudrait prendre tout de suite selon vous pour inverser un peu la vapeur ?

François Hollande et le gouvernement ont devant eux des chantiers qui sont essentiels et à l’abandon. Il y a un chantier qui pour moi devrait être notre obsession à tous : l’Éducation nationale. Dans ses résultats, l’Éducation nationale d’aujourd’hui est en profond manquement à ses obligations. Il devrait aussi y avoir un immense chantier sur la formation professionnelle et ce chantier n’est pas entamé parce que la formation professionnelle devrait être dirigée vers ceux qui en ont le plus besoin, c’est-à-dire les chômeurs et on ne peut pas dire que ce soit le cas. Il y a également un chantier institutionnel, qui permettrait que des majorités nouvelles se forment sur des politiques courageuses et positives pour l’avenir de la France, pas pour des politiques punitives.

François Bayrou, est-ce que vous êtes retourné à droite ?

Je suis un homme du centre et le centre a sa propre identité, son autonomie de pensée. C’est la seule force politique qui soit une force politique de renouvellement. Le jour où elle acceptera de se constituer, le jour où elle acceptera d’exister…

Ce n’est pas fait.

Ce n’est pas fait, mais cela se fera.

Le ticket avec Alain Juppé est toujours réel ? Qu’est-ce que c’est ?

J’ai avec Alain Juppé à la fois des relations d’estime, une certaine idée de l’avenir et quelque chose en plus : je pense que le peuple français, nous tous Français, nous attendons que des responsables politiques conscients, dignes du mot de « responsables », acceptent de travailler ensemble pour sortir le pays du désarroi et de l’enlisement dans lequel il se trouve. « Acceptent de travailler ensemble » signifie « acceptent de regarder l’avenir en ne mettant pas en avant leur propre intérêt mais ce qu’ils considèrent comme l’intérêt général ». Et je crois qu’Alain Juppé peut, parce qu’il est respecté, aider à cela.

L’UMP aujourd’hui est divisée et la droite n’est pas en mesure de prendre éventuellement le relais de ce qui se passe aujourd’hui dans ce pays.

En tout cas, j’ai été frappé, même stupéfait de voir des responsables de l’UMP s’exprimer sur les plateaux de télévision pour dire « nous ne voulons pas d’accélération, parce que nous ne sommes pas prêts » et tous les Français le sentent. Or, il est du devoir de forces politiques d’être prêtes et en tout cas le mouvement qui est le mien, le pluralisme du centre, doit se préparer à assumer ses responsabilités.

Merci François Bayrou.

C'est une crise qui va rendre notre pays ingouvernable

Publié le 26/08/2014 à 18:04 par modem-cantilien Tags : Bayrou réaction politique gouvernement Elkrief remaniement crise

Invité de Ruth Elkrief sur BFM TV hier soir, François Bayrou a estimé qu'avec la démission de l'exécutif, nous entrions "dans une nouvelle époque".

Ruth Elkrief - Bonsoir François Bayrou, merci beaucoup d’avoir accepté notre invitation. Vous présidez le MoDem et êtes maire de Pau.

François Bayrou - Bonsoir.

Cette crise de gouvernement, est-ce une péripétie ou est-ce une crise majeure pour vous ?

C’est une crise majeure dont tout le monde doit prendre la dimension parce que c’est une crise qui va rendre notre pays ingouvernable. Alors bien entendu, tout cela était inscrit dans les événements qui se déroulent depuis des mois et même des années. J'ai même souvent à votre plateau expliqué qu’il y avait désormais au sein de la gauche une fracture, une rupture qui allaient mettre en confrontation deux courants qui ne sont d’accord sur aucune orientation fondamentale. Cette crise a maintenant atteint son stade terminal. On est entré dans une nouvelle époque. Cette nouvelle époque, elle va évidemment faire naître d’extrêmes difficultés. Tous les citoyens français, tous ceux qui ont la responsabilité du pays doivent en prendre la mesure.

Est-ce qu’il n’y a pas une clarification ? Vous le dites vous-même, il y avait deux lignes au sein du gouvernement, deux gauches et peut-être qu’aujourd’hui il n’y en aura plus qu’une seule et ce sera plus clair ?

Il n’y a plus de majorité dans le pays. Évidemment, vous avez fait les calculs sur vos plateaux tout l’après-midi : il n’y a plus de majorité numérique à l’Assemblée nationale, il n’y a plus de majorité politique. Tout cela est extrêmement lourd de conséquences. C’est l’ambiguïté profonde, qui a été celle de la gauche depuis 15 ans, qui est en partie responsable de la situation et tout ceci se traduit en conséquences dramatiques pour la politique, pour la France et pour l’économie du pays. En vérité, il y a 15 ans que la France dévale une pente. On est aujourd’hui en vitesse accélérée. Et il devrait appartenir aux responsables politiques conscients de prendre la mesure de cette extrême faiblesse de la politique dans notre pays.

Tout à l’heure Arnaud Montebourg, l’homme par qui la crise est arrivée, a dit "les politiques de réduction des déficits aboutissent précisément à la non réduction des déficits et sont donc une absurdité financière, ils plombent la croissance et empêchent par la chute de l’activité la réalisation de leurs propres objectifs". C’est une dénonciation totale, directe et claire. C’est vrai qu’aujourd’hui, la France est à l’arrêt, la France reste en grave crise, la réduction des déficits est-t-elle la bonne politique ?

Ruth Elkrief, si un pays qui s’endette y gagnait de la croissance alors nous, la France, nous devrions être au sommet du sommet. Tout le monde devrait applaudir notre prospérité et notre bonne santé. En vérité, vous voyez bien que cela a produit exactement le contraire.

Il ne faut pas changer de politique, c’est ce que vous dites ?

Nous n’avons pas réduit les déficits. On nous dit qu'on les a réduits mais ce n’est pas vrai. L’an prochain, le déficit sera plus important en France qu’il ne l’était l’année précédente. On va retrouver des niveaux qui étaient ceux de Nicolas Sarkozy et François Fillon. Pas tout à fait encore, parce que on a connu des années en 2008 et 2009 où on était à 7 pour cent de déficit. Cette fois-ci, on est entre 4 et 5. Notre pays est à des niveaux de déficit énormes. Dans le budget de l’Etat, nous dépensons peut-être 20 pour cent de plus que ce que nous récoltons et donc nous sommes dans une extrême faiblesse qui pourrait conduire toute famille, toute entreprise a de très graves difficultés de surendettement. Comment peut-on prétendre que l’on a réduit les déficits dans un pays où au contraire tout montre qu’ils explosent ?

Permettez-moi de dire quelque chose de très important. On nous fait croire que c’est la baisse des dépenses publiques qui portent en elles les difficultés du pays. C’est faux. Cela mérite que l’on se mette en colère. Ce qui porte les difficultés du pays, c’est l’incapacité que nous avons à réformer l’Éducation nationale, à faire que les jeunes trouvent une formation qui les épanouisse, une culture générale qui leur permette d’être créatifs dans le monde où nous sommes.

Il est faux, gravement faux et nuisible à l’intérêt national de dire que c’est parce que l’on ne dépense pas assez l’argent que nous n’avons plus, que nous avons ces difficultés. Ces difficultés, elles viennent du fait que nous n’avons pas su résoudre, répondre à toutes les faiblesses qui se sont accumulées au travers du temps sur l’école, sur l’entreprise, sur la formation, sur l’université. Nous avons été incapables de reconstruire ce qui devait l’être. C’est pour cela que nous en sommes là.

Un dernier mot. Vous n’avez pas été frappé : qui applaudit Arnaud Montebourg ? C’est Marine Le Pen.

Effectivement, elle prône une autre politique.

On a cet espèce de bloc qui s’établit entre extrême droite et la gauche de la gauche et puis d’autres - puisqu’il y a d’autres sensibilités - qui selon moi conduisent le pays au pis des accidents.

Et donc cela veut dire, si j’entends bien, que vous serez d’accord pour une politique de rigueur budgétaire, du retour à la croissance par des économies rationnelles, par la lutte contre les déficits. C’est l’objectif affiché par le gouvernement. Vous avez beaucoup fréquenté François Hollande avant qu’il ne devienne Président. J’ai envie de dire, est-ce que ce n’est pas une situation possible de rapprochement aujourd’hui ? Est-ce qu'un Manuel Valls qui veut avoir une politique claire, un François Hollande qui veut avoir une politique claire sur les déficits et la croissance ne pourraient pas faire appel à vos services ?

On ne peut pas avoir de politique claire, on ne peut pas espérer de résultats positifs quand on ne s’est pas donné les moyens de corriger les causes de ses erreurs. Or, il se trouve que sur l’idée de la définition des règles politiques, de la définition des institutions, de l’affirmation d’une politique et de la possibilité de faire se rassembler les Français, le gouvernement et spécialement le Président de la République, n'ont pas fait ce qu’il fallait faire depuis des années. Aujourd’hui, le bateau coule. Le pays est devenu tel qu’il est impossible de s’en sortir avec des rustines. Les hommes responsables, ceux qui ont la volonté, le courage et l’expérience, doivent penser à reconstruire à partir des fondations. Tant que l’on essayera de faire des réparations de fortune, cela ne marchera pas.

Donc vous n’êtes pas prêt à aller éventuellement rejoindre une équipe qui serait sur une ligne que vous approuveriez ? Est-ce que ce ne serait pas logique que Manuel Valls et François Hollande fassent appel à des centristes pour que se construise une majorité ?

En politique, quand c’est tard, c’est trop tard. Il y a eu une faute de conception dès les premières semaines du mandat de François Hollande qui portait l’espoir de tas de gens qui se disaient "peut-être que la gauche peut rectifier sa ligne, trouver un cap, faire que de nouvelles règles s’établissent". Le Président de la République et le Parti socialiste ont fait un choix contraire.

Et c’est trop tard ?

Je ne vois pas comment le gouvernement peut s’en sortir avec une majorité devenue ingouvernable.

Il faut une dissolution ?

J’imagine que François Hollande écartera le referendum ainsi que la démission qui provoquerait une nouvelle élection présidentielle. Je pense que la seule solution à terme, la seule chose qui institutionnellement puisse se produire, est une dissolution de l’Assemblée nationale qui rebattrait les cartes. Mais comme nous avons toujours les mêmes règles, nous risquons d’avoir des résultats qui seraient eux-mêmes nuisibles. Je dis cela de la manière la plus grave que l’on puisse imaginer. C’est d’une reconstruction en profondeur dont nous devons parler. Et quiconque voudra être responsable dans ce pays devra s’interroger sur cette nécessité.

Merci beaucoup François Bayrou d’avoir réagi à chaud.

Portrait de François Bayrou dans le JDD

Publié le 08/08/2014 à 07:49 par modem-cantilien Tags : portrait jdd force droiture

François Bayrou, le perdant magnifique

DES HAUTS ET DES BAS - Le président du MoDem et maire de Pau, François Bayrou, a connu des ascensions fulgurantes et des traversées du désert. Au-delà de la politique, il a toujours voulu que la vie continue.

Deux mains sur une tombe. Il s'attarde longuement, dans les cimetières juifs, sur les tombes des Cohen, où figurent deux mains bénisseuses, signes de protection. Il parle, souvent, de chance. La grande bibliothèque de son bureau parisien de la rue de l'Université est en désordre mais, quand il voudra faire référence à un ouvrage sur Péguy, il réussira à l'extraire d'une longue pile. François Bayrou n'a pas varié, au cours des années, dans ses passions littéraires. "Si j'ai tant aimé Péguy parlant de l'argent, c'est que sa colère résonnait en moi, comme en résonance à une vérité intérieure. On aime assez souvent ce que l'on est. Les choses aimées préexistent dans les plis profonds de notre personnalité. On ne change pas, on ne change que dans le sens de ces plis profonds." Il a cru, durant la première partie de sa vie, que la lutte était loyale et que l'on pouvait accéder au cœur du pouvoir sur ses seuls mérites. Il ne le croit plus. Les réseaux sont trop nombreux. La chance forge, simplement, des exceptions. François Bayrou a connu en politique des défaites cinglantes et des retours victorieux. "La réussite est nécessaire car elle ouvre la possibilité de faire, d'agir, de créer. Mais l'insensibilité à l'échec est une liberté. L'indifférence à l'échec vous délivre de l'obligation de plaire." Ceux qui le soutiennent disent : il ne change pas. Ceux qui s'en détournent disent : il ne change pas. François Bayrou est resté attaché au village où il est né, Bordères (Pyrénées- Atlantiques), et il possède un fort sentiment de classe sociale.

Il est fils d'exploitants agricoles. La maison de son enfance est envahie de livres. François Bayrou lit durant la journée et une partie de la nuit, durant l'année et en vacances. Il commence à souffrir de bégaiement, à partir de l'âge de 8 ans. "Le bégaiement, c'est un échec intime, jour après jour recommencé." Il surmonte son handicap en faisant la paix avec ses secrets d'enfant, en se tournant vers les autres au lieu de rester bloqué sur lui, en choisissant d'aller de l'avant. Le biographe d'Henri IV évoque un Radioscopie (1973) de Jacques Chancel où Jacques Brel s'exprimait sur son physique. L'interprète de Ces gens-là avouait : "On s'aperçoit très vite, quand on n'est pas beau, que l'intérêt qu'on peut avoir n'est pas en soi mais dans le mouvement que l'on peut éventuellement avoir." Le bégaiement a poussé François Bayrou à sortir de lui-même. Il choisira face à une douleur, un échec électoral, une faille, le mouvement.

"Il y a un grondement et les canines sortent"



Le père meurt accidentellement, en 1974, alors que le fils est âgé de 22 ans. "Quand mon père s'est tué, j'ai repris l'exploitation agricole, et c'était par haine de la mort. Je voulais que la vie continue, au-delà de la mort." Le fils de paysans réussit l'agrégation de lettres classiques, un mois après le drame familial. "Je viens d'un milieu social qui n'était pas considéré, qui n'avait pas la considération qu'il méritait. L'agrégation a apaisé ce sentiment de ségrégation sociale. J'étais jeune et je me disais, à tort ou à raison, que dans mon métier, grâce à cet "agrégé de l'université" qui me sert encore de viatique, plus personne ne pourrait me regarder de haut. L'agrégation a sonné la fin de cette crainte de la condescendance.

Même si je n'ai jamais été enclin à baisser la tête devant qui que ce soit." François Bayrou avance qu'il a bénéficié de trop de chance pour endosser le manteau de la pure méritocratie. Il va accéder aux plus hautes responsabilités pour devenir l'incarnation politique du centre en France. Échec lors des trois dernières élections présidentielles, échec deux fois aux élections municipales paloises, échec en 2012 lors des élections législatives. Il est élu maire de Pau lors des élections municipales de 2014. La défaite à l'élection présidentielle de 2012 a été impitoyable. Il arrive seulement cinquième et a appelé à voter François Hollande. L'électorat du centre droit fuit.

François Bayrou dit qu'il vaut mieux perdre en restant fidèle à ses combats que gagner en trahissant ses idéaux. "J'avais fait un choix sur des repères moraux et civiques qui ont quelque chose d'absolu. J'avais mené le combat à visage découvert contre les dérives du quinquennat précédent, en les analysant dans Abus de pouvoir. Si je n'avais pas été jusqu'au bout de mon combat, j'aurais été infidèle à mes convictions, à ceux qui me faisaient confiance, par exemple, mes enfants." Les médias ont prédit sa mort politique à de nombreuses reprises. "Les sondages montent, alors la meute est séduite, elle se roule devant vous pour que vous lui grattiez le ventre mais, à la première goutte de sang, c'est l'instinct, il y a un grondement et les canines sortent. C'est éprouvant mais cela ne ruine pas ma vie. Le véritable échec serait quelque chose qui porterait atteinte au sens de ma vie." François Bayrou pourrait écrire aux commentateurs politiques, comme Mark Twain au journal qui avait annoncé sa mort, "Nouvelle de mon décès fortement exagérée".

"Une ivresse qui vous fait perdre l'équilibre"



Les échecs électoraux font partie de la vie politique. Il tente de ne pas les transformer en blessures narcissiques. François Bayrou s'est seulement senti vaciller face à l'anorexie d'une de ses filles, alors qu'elle était enfant ; face à une rupture amicale avec un ami de jeunesse, Claude Goasguen ; face à un accident qui aurait pu le laisser tétraplégique ; face à son bégaiement, qui peut revenir. Il a pleuré à la lecture d'un message de sa fille, lorsque les sondages de 2007 le rendaient qualifiable pour le second tour, lui faisant prendre conscience de la rapidité de l'ascension. On perd ou on gagne avec sa famille, en politique. L'épreuve est, aussi, pour les siens.

Il a pu observer maints hommes se noyer dans les apparats du pouvoir. "Le succès est dangereux. C'est un alcool d'autant plus puissant qu'il n'est pas détectable. Je tiens bien l'alcool, en général. Sauf un, le limoncello : au goût, c'est presque un jus de fruit sucré, un peu corsé et, boum, cela vous cisaille les jambes. Le succès est comme le limoncello : tout va bien, vous êtes content, les meutes ont des yeux de velours, et insensiblement vous basculez du côté de l'ivresse. Les Grecs emploient le mot d'hubris, une perte de contrôle, une démesure, en fait, c'est de cela qu'ils parlent : une ivresse qui vous fait perdre l'équilibre. Et pour eux, c'est par là que se déclenchent les tragédies".

François Bayrou a peu d'humour sur lui-même et ne cherche pas à en avoir. Il déteste le sarcasme, l'ironie, la dérision. Il répète : on en prend plein la gueule et, en plus, il faudrait dire merci. On lui reproche son orgueil de fer, son ego surdimensionné, son ambition présidentielle. "Il faut choisir d'être du côté du grand plutôt que du côté du petit. Grands idéaux, grandes batailles, grandes défaites, s'il le faut. Je n'aime pas les gens qui se vendent, et qui, si souvent, se vendent pour pas cher." Il a refusé deux fois la Légion d'honneur. Il tient à combattre ses adversaires sans bassesse et à respecter les laissés-pour-compte de la vie. Son milieu social modeste lui a appris qu'on n'a pas forcément ce qu'on mérite. "Je ne fais pas partie de ceux qui pensent que les inégalités sont naturelles. Personne n'est à l'abri d'une malchance, d'un mauvais tournant, d'une maladie."

L'homme de la troisième voie a tissé sa légende : l'emblème du tracteur, la gifle à un gamin lui faisant les poches, la fidélité au monde paysan. L'obsession de l'argent et le recours aux conseillers en communication lui sont étrangers. Il partage sa vie entre Bordères et Paris. François Bayrou est père de six enfants. Ils sont tous surdiplômés. Une de ses filles a été reçue à Polytechnique en 1994, alors qu'il était ministre de l'Éducation. "Le plus beau de mes succès, c'est l'amour que mes enfants se portent entre eux." François Bayrou occupe une place à part dans le paysage politique français, souverainiste et européen, intellectuel et pragmatique, catholique et laïc, mais une telle place existe-t-elle? Il se tient éloigné de toute forme d'excès. Sa vision reste inchangée : le président de la République ne doit pas s'abaisser à faire de la politique mais il doit s'inscrire dans l'Histoire vivante.

La fameuse phrase de Jean-Louis Borloo



Ses traversées du désert n'ont pas amoindri son amour de la vie. "Les succès et les échecs sont nécessaires à la construction d'un homme. C'est comme les fils de trame et de chaîne dans le tissu. Il faut des fils verticaux et des fils horizontaux pour fabriquer un tissu. Il faut de l'ombre et de la lumière pour peindre le portrait d'un homme." François Bayrou n'a pas tout donné à la politique et mène plusieurs existences parallèles. Son aventure familiale, son goût pour la nature, son engagement politique, son amour de la littérature. Quand son père est mort, il a voulu que la vie persiste. Le monde politique, tel qu'il l'a tant combattu, est en train de s'écrouler.

Ceux qui connaissent François Bayrou répètent, sur tous les tons, la fameuse phrase de Jean-Louis Borloo à son propos, tant elle est juste : "Il préfère avoir raison que gagner." Le président du MoDem voudrait avoir raison et gagner. L'homme aime se recueillir, dans la solitude, mais la vie l'a forcé à choisir le mouvement. On moque son côté illuminé. Son pragmatisme et son humanisme le constituent à part. C'est justement là où il veut être : à part. François Bayrou continue de s'arrêter sur les tombes des Cohen pour méditer sur les deux mains bénisseuses, signes de protection. Le succès est dans le chemin et non dans le destin.

François Bayrou invité de Guillaume Durand

Publié le 10/07/2014 à 15:14 par modem-cantilien Tags : Bayrou principes droiture

Face à l'effondrement du pouvoir et aux difficultés politico-judiciaires touchant l'opposition, François Bayrou a appelé tous les hommes de responsabilité à reconstruire ensemble le pays.

Guillaume Durand - Considérez-vous comme le pensent un certain nombre des amis de Nicolas Sarkozy qu’il est victime d’un acharnement ?

François Bayrou - Je vais vous dire quelque chose qui ne vous surprendra pas : je n’ai aucun élément sur cette affaire. J’ai affronté Nicolas Sarkozy sur beaucoup d’affaires, je me suis battu contre un certain nombre de pratiques...

Vous avez même écrit un livre sur le sujet, vous l’avez qualifié "d’enfant barbare" dans un ouvrage qui s’appelait Abus de pouvoir.

Oui, et je maintiens qu’il y a des pratiques qui sont incompatibles avec l’idée que nous nous faisons d’une République qui est juste et équilibrée. Mais sur cette affaire je n’ai absolument aucune information.

Mais est-il normal qu’un ancien Président soit écouté ? Est-il normal qu’un ancien Président soit d’abord auditionné par la police pendant des heures avant d’affronter les juges d’instruction en pleine nuit ?

Un ancien Président, c’est un citoyen comme les autres. La question est la suivante : est-ce que les écoutes sont normales dans un certain nombre de situations juridiques ? J’imagine que les tribunaux auront à le dire. Mais l’affirmation selon laquelle un ancien Président de la République n’est pas un citoyen comme les autres est évidemment une affirmation hors de propos. D’ailleurs j’observe que les amis de Nicolas Sarkozy ne l’ont pas non plus affirmé. Moi je suis du côté de la défense de ces citoyens.

Je comprends cette argumentation. Je remarque que ce matin vous êtes prudent, mais il y a quand même derrière tout ça une volonté d’humiliation politique. Quand on laisse un personnage politique quel qu’il soit face à la police pendant des heures…

Je n’ai jamais pensé de ma vie que nous devions accréditer l’idée que la justice était aux ordres de qui que ce soit, ni de la majorité, ni de l’opposition. Comme vous le savez il y a eu des procès dans tous les sens.

Personne ne le croit.

Vous ne le croyez pas, mais moi qui ai été responsable de l’éducation civique des jeunes Français pendant longtemps, je tiens à l’idée que nous devons avoir une justice qui a ses propres règles, ses propres raisons, ses propres lois et les respectent.

Sur le plan de la séparation des pouvoirs, personne ne le nie. Ce qui s’est passé de particulier, c’est que lui-même s’en est pris à la justice. Il y a eu ce fameux mur des cons, il y a d’une certaine manière un aller-retour entre deux institutions : la présidence de l’époque et l’institution judiciaire qui n’ont pas été normales.

Chaque fois que vous trouverez une action des juges ou des magistrats qui sera influencée d’une manière ou d’une autre par une opinion, favorable au pouvoir comme cela s’est produit un certain nombre de fois, ou défavorable au pouvoir, vous me trouverez sur leur chemin. Je sais bien que tout le monde considère que les principes sont à jeter à la poubelle, moi pas.

Donc vous ne vous acharnez pas sur Nicolas Sarkozy ce matin et vous ne voulez pas prononcer un acte de décès politique ?

Absolument.

Est-ce que vous considérez que cette affaire judiciaire plus le fait que cela va trainer est une sorte d’acte de décès politique qui ne porte pas son nom ?

Je ne crois absolument pas à ce genre de choses. Nicolas Sarkozy est quelqu’un qui a du ressort et parfois même de l’acrimonie dans le ressort, donc je ne crois absolument que ce soit tracer une croix sur lui. Il y a une chose que je veux répéter car c’est quand même le cœur des affaires : la raison pour laquelle je me suis opposé à Nicolas Sarkozy, c’était pour défendre un principe qui est que la loi est la même pour tous. Elle est la même pour les puissants et pour ceux qui ne le sont pas. Ce principe et le refus de l’idée que la fin justifie les moyens sont pour moi l’axe de mon engagement politique. On va en avoir un immense besoin. Vous vous rendez compte à la place où vous êtes que pour l’opinion publique, les Français, les citoyens, les familles, leur idée de la politique est considérablement atteinte, blessée, bouleversée par tout ce qui est en train de se passer, du côté du pouvoir comme du côté de l’opposition. Il y a donc une responsabilité de ceux qui se ressentent, qui veulent être ou qui doivent être des reconstructeurs de la politique du pays.

Est-ce que vous considérez a contrario que c’est un rebond pour lui ? Une source de motivation ?

Non, je pense que s’il avait pu éviter cela, il l’aurait éviter.

Est-ce que vous pouvez imaginer ce matin qu’il puisse vouloir prendre la présidence de l’UMP en septembre ?

C’est l’affaire de l’UMP et la sienne. Je pense que Nicolas Sarkozy, qui a des qualités d’énergie et de combat très grandes, peut tout à fait faire un choix et ce n’est pas mon affaire. La question ce n’est pas Nicolas Sarkozy, ce n’est pas les partis. La question est la suivante : le pays dans l’état où il est, de quelle manière va-t-on agir pour entrer dans une reconstruction crédible ?

En lisant les journaux, les « sarkozistes » disent qu’il y a un accord entre Juppé et Bayrou et que les deux hommes se délectent tranquillement de ce qu’il se passe en prenant un air vertueux mais qu’au fond d’eux-mêmes, derrière le masque, il y a une jubilation.

Vous vous trompez, et je vais vous dire pourquoi.

Il n’y a pas d’accord entre Alain Juppé et vous ?

J’ai avec Alain Juppé une rencontre de valeurs, une manière d’aborder la vie politique depuis longtemps, un respect mutuel je crois, en tout cas une entente sur le fond. Et j’espère que tout cela, qui est de bon aloi, peut être un jour utile. Mais il est faux qu’il y ait dans cette vision de la politique la moindre satisfaction de voir les choses qui se passent.

Permettez-moi une phrase sur les années écoulées : j’ai pris beaucoup de risques personnels pour que la politique et le pouvoir cessent d’être ce que nous découvrons tous les jours. J’ai fait des choix extrêmement difficiles pour moi et extrêmement lourds en terme de conséquences politiques. Beaucoup disaient « sa vie politique est finie ». On a vu que ce n’était pas vrai et d’une certaine manière, il est heureux que les choix citoyens puissent être consacrés par le suffrage universel. Mais j’ai pris beaucoup de risques parce que la République faisait honte depuis des années. L’expression n’est pas de moi, mais d’un écrivain.

Je me mets à la place des gens qui défendent Nicolas Sarkozy dans cette affaire, ils se disent d’une certaine manière il fait le gentil et puis maintenant il dit au fond la République a été gérée d’une manière honteuse pendant des années, il y a une sorte de double discours.

Il n’y a pas de double discours ! Il y a un seul discours : la République ne peut pas vivre si elle ne respecte pas un minimum de principes et on ne pourra la reconstruire que si on a en tête que ces principes doivent être mis au premier plan. La vie politique française vit avec l'idée selon laquelle la fin justifie les moyens. Cette idée est pour moi un ennemi personnel.

Est-ce que vous considérez avec le recul que le fait que vous ayez pu donner la possibilité à la gauche d’accéder au pouvoir n’est pas, contrairement à ce que vous avez dit tout à l’heure, une sorte de risque historique que vous avez fait jouer à la France ? Regardez l’état du pays, les 2000 milliards de dette…

Non. Ce que nous sommes en train de vivre est précisément historique, parce que c’est la vérification que l’idéologie qui était celle de la gauche française est totalement inadaptée à la situation du pays.

Vous avez des regrets ?

Je n’ai aucun regret parce que quand je fais les choses, c’est en sachant ce que je fais. La gauche dans son programme et dans sa vision de son avenir se trompait. Elle va être obligée d’en prendre acte, elle en train de vivre un échec historique. On a le double effondrement du pouvoir et des difficultés de l’opposition. Ce double effondrement est un appel. Les gens qui croient que la France a un avenir doivent pouvoir se se retrouver car il n’est pas vrai que l’avenir de la France se jouera camp contre camp ou parti contre parti.

Est-ce que ça veut dire que ça s’organise autour d’une reconstruction MoDem – UMP version Juppé ?

Non, je ne veux pas faire une affaire partisane, le moment n’est pas là. Mais oui, je pense que tous les hommes de bonne volonté, d’expérience, de capacité, d’enthousiasme, un jour ou l’autre devront s’asseoir autour de la même table pour reconstruire l’avenir du pays.

Est-ce que vous croyez que François Hollande est tellement coincé qu’à terme, même si les frondeurs se sont calmés, il va y avoir dissolution ? Deuxième question : Manuel Valls ce matin dans Les Échos a dit « ca suffit le compte pénibilité ». Il y a beaucoup de choses qui sont remises en cause. Est-ce que vous avez l’impression que la gauche est en train de manger son chapeau un peu sous l’égide de Manuel Valls pour essayer de sauver la situation ? Dissolution et sauvetage ?

Je pense, pour commencer par la seconde question, que le principe de réalité est en train de faire faire aux gauches françaises une révolution intellectuelle à partir de laquelle elle aura beaucoup de mal à rebâtir, et cela va durer pendant longtemps. Je pense que Manuel Valls a cela à l’esprit.

On est dans une crise politique si profonde qu’il n’y a que trois manières d’en sortir : la première c’est le référendum. J’ai pensé qu’il fallait le faire, je l’ai recommandé à François Hollande, il n’a pas voulu le faire. Aujourd’hui cela me paraît impossible, trop tard. Deuxièmes solution : la démission du Président de la République. Ce serait l’effondrement. Troisième solution : la dissolution, ce qui voudrait transmission du pouvoir à l’opposition et entrer dans une phase de cohabitation préilleuse. Voilà la situation dans laquelle nous sommes et voilà pourquoi ceux qui ont un minimum de conscience et de responsabilité doivent me semble-t-il réfléchir attentivement et décider de travailler ensemble. Ce n’est pas les uns contre les autrres que nous construirons !

Merci beaucoup François Bayrou d’être venu ce matin. Je vous rappelle que cet entretien était programmé depuis un certain nombre de temps, avant les affaires politico-judiciaires de ces derniers jours.